|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
A l'heure où de la nuit l'astre mélancoliqueLave de ses flots d'or le ciel bleu du Tropique, Sur le bord de la mer je viens souvent m'asseoir, Et je livre mon âme à la brise du soir. Comme un enfant, bercé au bruit sourd de la houle, Ma pensée erre au gré de la vague qui roule, Tourne au vent qui l'emporte ou rêve au son plaintif De la lame qui vient se briser au récif. Qui n'aimerait ces nuits fraîches et parfumées, Ces pavillons d'azur, ces voûtes enflammées, Où cent mille soleils voyagent doucement Et parsèment de fleurs les champs du firmament ? Oh ! regardez là-bas cette joyeuse étoile Qui nage à l'horizon comme une blanche voile, Vierge des matelots, au pas silencieux, Qu'un ange aux ailes d'or dirige dans les cieux. Et cette autre à côté, plus petite, qui brille Et vous sourit d'en haut comme une jeune fille ; Et cette autre au midi, qui semble un diamant Suspendu dans un bal au lis d'un front charmant. Voyez, voyez dans ces beaux clairs de lune, Au souffle des zéphyrs livrant leur tresse brune, Nos filles aux yeux noirs, avec des fleurs au front, Sylphides dont le pas est si vif et si prompt, Effleurer en dansant la terre où leur pied pose, Semblables dans leur vol à des pétales de rose Qu'un vent de mai balance au milieu de la nuit ; Et d'autres se baigner dans la vague qui s'enfuit : Foule jeune et légère, au mouvement folâtre, Que l'on prendrait de loin pour des groupes d'albâtre ; Et d'autres en riant, parleuses tout à tour, Se raconter tout bas des histoires d'amour. Qui en voyant ces belles nuits magiques, N'aimerait à chanter leur calme romantique, Embaumé des parfums des manguiers fleuris, Alors surtout, alors que la lune a souri. Les accords parlent mieux, la note est plus aisée Quand le luth s'est mouillé de gouttes de rosée, Oh ! qu'ils sont inspirants ces astres frais et clairs, Tous ces jolis soleils qui roulent par les airs ! C'est dans leurs blonds rayons et leur douce harmonie Que mes rêves s’enfuient presque toutes les nuits …
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|