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 Danse jolie Kafrine , Danse comme si ces temps de souffrancesPouvaient être effacés par le mouvement de tes hanches …Danse comme si tes pieds nues dans le sable voulaient se libérer des chaînes de ton héritage d’esclave . Quel meilleur testament qu’une époque où on prenait des gens pour des animaux ,Du bétail qu’on exposait pour que les blancs viennent tâter « trop gras … ou pas assez gros »Ils ont vendus mes ancêtres , à quel prix ??… plus bas que le chien ! « Venez venez , bœuf , bourrique , chiens , négro … Nouvel arrivage , que du frais et tous aux même taux … » Danse ma belle , L’héritage de ce sang dans nos veines Guide mes mains sur ce tambour , Et ma gorge vomit ma douleur en ce chant … langage d’un corps qui , ce soir , n’est plus le mien .Mes vibrations te donnent le tempo et tes courbes ondulent au sons de cette musique aux tendances maléfiques qu’ils utilisaient pour apprendre à se battre sous le nez des blancs qui pensaient assister à un spectacle folklorique . Ce soir , à travers moi , Mes ancêtres esclaves me montrent la souffrance des fouets sur leurs épaules ..Et moi , je ne pleure pas ... Débout, fier, je chante avec rage, des vibrations de douleurs au sons des tambours créoles… Danse ma jolie femme , Danse ma jolie fille …Loin de notre île , aujourd’hui , jour de fête là bas , qui passe inaperçu ici …Dansez … chantez … pour que nos vibrations soient perçu par nos aînés , qu’ils savent … que même ici , on est des cafres … et qu’on est fier d’être Réunionnais. Nou lé Z’enfant la Réunion , nout sang cé la lave volcan , nout l’héritaze , La souffance in nation dan l’esclavaze , Mais nou deboute droite , nou besse pa la tête , Car nou conné qui ça nou lé , Et nou lé fier d’être Réunionnais .. Danse Cafrine , et que nos chants , offrandes , soient entendus sur ces terres, tombes de nos racines … que nos aïeux entendent que « nou lé la… » … que nos ancêtres esclaves entendent que «même si nou lé loin, nou oubli pas … »
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Mon rêve copain d’une histoire, il n’y a que la pluie qui peut la raconter ,L’eau de mes yeux noirs et comme la fonte du sucre dans une tasse de café, Sur ma peau … des frissons , mes souvenirs …. Une sensation, un brouillard … comme l’odeur des roses sous la rosée … Z’Histoires « Monsieur le Foi , la mange son foi avec un grain de sel ….Si ou la faim manze un doigt …. Met du sel sous la queue Tourterelle … »Dans le temps , il fallait y croire , c’était comme z’Histoire « père noël » , Ce soir c’est mon z’histoire , je veux mélanger avec une Manzelle … On faisait des « batailles coqs » dans le chemin, près de la « boutique Chinois » , Dans le temps de pépé Edgar , défunt Clément , le Franc CFA … aujourd’hui tu es fatigué ce que tu m’as dit je l’ai raconté …. Tu sens comme la terre quand les gouttes de la pluie comme à tomber .Pépé si tu étais là, tu aurais pu nous raconter que dans le temps on était pauvre mais on ne faisait pas pitié … que la vie savait être douce, que mon île était copine de mon paradis.Où est passé ma case en tôle avec mes camarades créoles , Ceux qui , quand la pluie sur la tôle disaient qui n’y a pas école pour se réveiller à midi …Certain sont tombés dans l’alcool , les plus futés sont allés aux grandes écoles …On jouait avec des moques en tôle et même si l’argent d’aujourd’hui nous donne un autre regard … n’oublies pas ton « zassiette manzé » n’oublies pas ton «savate doigt pied », pas par ce que aujourd’hui tu es MONSIEUR , que tu ne vois plus ton identité , tu as joué avec moi dans la poussière, les cheveux sales , vêtements déchirés et ta peau couleur la terre … Quand la pluie « y tombe fort » , on dit que « bon dieu » est en train de pleurer . Il y a de l’eau sur ton corps et chez moi il dort dans mes yeux . Mes rêves comme un tableau , les couleurs ont débordés … un tableau , un bateau qui a honte de là où il doit aller . Je pense … qu’est ce que je fous là ?Qu’est ce qu’il y aura après ? Pourquoi on rit , on pleure ? Et pourquoi on ferme les yeux ??on nous a dit que la vie sera comme « Margoze » qui devient doux après les premières bouchées amères … mais la dose en overdose les Margozes sont en train de gâter … de pourrir … de mourir …
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La lave, huileuse, coule lentement dans les ravines, veines d’une île pour saigner dans les vagues de la mer déchaînée, agitée, qui tente de toute ses forces de repousser cette intrusion brûlante dans son intimité … Comme une multitude de petits verres de rhum, les grosses gouttes d’eau projetées par la surprenante chaleur de ce contacte inattendu, reviennent s’écraser en imitant le bruit des verres qu’on jette par dessus son épaule … sur ce sol en fusion craché, vomi par ce volcan , piton qui porte si bien son nom . Avec un grand rugissement pour montrer combien tu es en colère ? Mais non … peut être juste un tout petit, de peur de réveiller les gens !! Mais en transformant tes environs en un lieu proche de l’enfer , Une clarté rougeâtre qui vient compléter l’obscurité du moment, transformant la nuit en jour rouge et le jour en nuit rouge …En un instant on en viendrait même à se demander si ce sang provient du fin fond de la Terre ou du ciel qui pleure des larmes sanguines de voir le sol , son sol, en souffrance… tu laisse s’échapper de ses blessures béantes qui ont pris l’habitude de ne plus cicatriser, ta vie, rouge vif, bouillonnante … pour montrer, rassurer, que tu es toujours actif « Volcan l’a pété , la ouvre le ciel en dé … », on a l’habitude maintenant . Humblement tu dessines jour après jour, avec ton nectar de chaleur, les courbes féminines sensuelles, contours de cette île qui avec un plaisir brûlant te laisse œuvrer pour sa beauté , et préserver ses réserves de découvertes, de coins retirés ,sauvages et secrets . Doucement , lentement , petit volcan devient grand .Tu es devenu le volcan le plus actif de la Terre ces derniers temps Chapeau bas … félicitation !Tu portes bien ton nom : Piton de la fournaise … Brûlante dans mes veines, ta lave est mon sang, ta chaleur mes frissons, ta fougue mes passions, tes cratères mon cœur, ton relief mon horizon …
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O terre des palmiers, où le soleil est d’or, Qu’emplissent de leurs chants la mer et les oiseaux !Île des bengalis, des brises, de l’aurore ! Lotus immaculé sortant du bleu des eaux !Svelte et suave enfant de la forte nature,Toi qui sur les contours de ta nudité pure,Libre, laisses rouler au vent ta chevelure,Vierge et belle aujourd’hui comme Ève à son réveil ;Muse natale, muse au radieux sourire, Toi qui dans tes beautés, jeune, m’appris à lire, A toi mes chants ! à toi mes hymnes et ma lyre,O terre où je naquis ! ô terre du soleil !Tu es chère à mes pensées , chère à mon coeur .
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A l'heure où de la nuit l'astre mélancoliqueLave de ses flots d'or le ciel bleu du Tropique, Sur le bord de la mer je viens souvent m'asseoir, Et je livre mon âme à la brise du soir. Comme un enfant, bercé au bruit sourd de la houle, Ma pensée erre au gré de la vague qui roule, Tourne au vent qui l'emporte ou rêve au son plaintif De la lame qui vient se briser au récif. Qui n'aimerait ces nuits fraîches et parfumées, Ces pavillons d'azur, ces voûtes enflammées, Où cent mille soleils voyagent doucement Et parsèment de fleurs les champs du firmament ? Oh ! regardez là-bas cette joyeuse étoile Qui nage à l'horizon comme une blanche voile, Vierge des matelots, au pas silencieux, Qu'un ange aux ailes d'or dirige dans les cieux. Et cette autre à côté, plus petite, qui brille Et vous sourit d'en haut comme une jeune fille ; Et cette autre au midi, qui semble un diamant Suspendu dans un bal au lis d'un front charmant. Voyez, voyez dans ces beaux clairs de lune, Au souffle des zéphyrs livrant leur tresse brune, Nos filles aux yeux noirs, avec des fleurs au front, Sylphides dont le pas est si vif et si prompt, Effleurer en dansant la terre où leur pied pose, Semblables dans leur vol à des pétales de rose Qu'un vent de mai balance au milieu de la nuit ; Et d'autres se baigner dans la vague qui s'enfuit : Foule jeune et légère, au mouvement folâtre, Que l'on prendrait de loin pour des groupes d'albâtre ; Et d'autres en riant, parleuses tout à tour, Se raconter tout bas des histoires d'amour. Qui en voyant ces belles nuits magiques, N'aimerait à chanter leur calme romantique, Embaumé des parfums des manguiers fleuris, Alors surtout, alors que la lune a souri. Les accords parlent mieux, la note est plus aisée Quand le luth s'est mouillé de gouttes de rosée, Oh ! qu'ils sont inspirants ces astres frais et clairs, Tous ces jolis soleils qui roulent par les airs ! C'est dans leurs blonds rayons et leur douce harmonie Que mes rêves s’enfuient presque toutes les nuits …
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